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Extrait de Vital'Ité

 

 

CORERS  -  OCCITANIE

 

Article concernant la tique paru sur Vital’ité en 2021

 

A sauvegarder dans la bible des animateurs…       

          

La randonnée en particulier en forêt constitue la circonstance la plus fréquente, en France, des piqures de tiques mais les campeurs, les professionnels du monde forestiers, les chasseurs ou encore les ramasseurs de champignons sont concernés par celles-ci.

Les tiques sont des parasites qui appartiennent au règne des arachnides acariens (araignées) qui vivent dans les zones boisées plutôt humides, les hautes herbes des prairies mais aussi dans les parcs et jardins.

La variété la plus courante dans notre pays (Ixodes Ricinus) est présente sur l’ensemble du territoire national en dessous de 1800 mètres d’altitude mais plus répandue dans la région Grand est, le sud de l’ile de France et les frontières du centre est. Elle sévit particulièrement au printemps et en automne.

                La tique repère sa proie grâce à son organe olfactif (capteur d’odeur) s’accroche à elle par ses pattes munies de griffes, elle possède un appareil buccal très performant qui lui permet de mordre sa victime pour aspirer le sang de celle-ci qui constitue sa seule et unique nourriture. Son développement du stade larvaire en passant par la nymphe jusqu’à l’âge adulte dure plusieurs années et nécessite l’absorption de sang puisé sur un hôte humain ou animal (chiens, chats, chevaux, rongeurs, cervidés …). La tique est de petite taille 5 à 8 mm pour un adulte, 1 mm pour une larve ; Lorsqu’elle absorbe le sang, son corps se dilate de manière conséquente et son volume augmente considérablement jusqu’à plus d’un centimètre quand elle en est gorgée. Cette opération de succion peut prendre plusieurs dizaines d’heures pendant lesquelles la tique reste fixée sur la peau.

                La morsure est totalement indolore et peut passer totalement inaperçue, elle peut toucher n’importe quelle partie du corps mais surtout dans des endroits « cachés » où souvent la peau est la plus fine (derrière les oreilles, entre les doigts ou les orteils, le nombril, sous les bras, le pli di coude, sous les bras, autour des organes génitaux …).

La morsure de Tique en soi ne présenterait pas de gravité particulière si un nombre non négligeable d’entre-elles des agents infectieux dangereux pour l’homme, En France il s’agit surtout d’une bactérie (Borrélia Burgdorferi) qui peut être responsable de la maladie de Lyme (parce que découverte dans la commune de Lyme situé dans l’état du Connecticut aux USA, en 1982 par Wilhem Burgdorfer, Entomologiste et bactériologiste américain d’origine suisse) .Les tiques sont souvent contaminés par des agents microbiens lors de contacts préalables avec les animaux.

                La transmission des agents infectieux se fait surtout une fois que le corps de la tique est rempli de sang ou quand son « repas » est interrompu par un arrachage intempestif qui laisse souvent persister la pièce buccale et inoculer la salive contaminée. On considère qu’environ 20 % des tiques sont contaminées par Borrelia en France.

                La maladie de Lyme ne peut être acquise que par morsure de tique et en aucun cas par l’intermédiaire d’un animal de compagnie porteur de la bactérie ou d’un autre être humain.

Entre 2015 et 2018, 68 530 cas de maladie de Lyme ont été signalés soit une incidence de 104/100 000 habitants mais une baisse à 76/100 000 habitants a été enregistré en 2019 ; Dans le Grand Est l’incidence est proche de 100 / 100 000 habitants. Il n’existe pas de vaccination ni d’immunité acquise pour cette maladie qui peut donc se reproduire après une nouvelle morsure contaminante même si on en a déjà été victime par le passé.

Elle se manifeste dans sa forme courante par l’apparition entre 3 et 30 jours après la morsure d’une plaque inflammatoire sur la peau, autour du point de piqure, rouge qui s’étend en anneau sur plusieurs centimètres avec un centre qui devient plus clair et une périphérie qui reste plus rouge (érythème migrant), il n’y a aucune démangeaison associée à cette rougeur, pas ou peu de fièvre en général et parfois des douleurs articulaires.

Dans des formes plus graves les érythèmes peuvent être multiples, disséminés, associés à une fièvre, une fatigue, des maux de tête ou des douleurs musculaires

                En l’absence de diagnostic et/ou de traitement on peut observer des atteintes inflammatoires articulaires, des troubles du rythme cardiaque, une paralysie faciale, des méningites …

                Une fois la rougeur passée en l’absence de prise en compte et de traitement il peut apparaitre dans les mois voire années qui suivent des troubles neurologiques, articulaires, cardiaques ou ophtalmologiques.

                Le diagnostic de la maladie repose essentiellement sur l’observation des signes cutanés et du contexte (saison, région et circonstances compatibles) et/ou de la constatation de la morsure et/ou la visualisation de la tique. La performance du diagnostic biologique à la recherche d’anticorps spécifiques dans le sang demeure d’interprétation difficile.

                Le traitement initial repose sur la prescription d’un antibiotique pendant deux à trois semaines (Cycline, Amoxicilline)

                Il n’existe pas d’immunité acquise après une maladie de Lyme c’est-à-dire que le fait d’avoir été victime de la maladie n’empêche pas d’être à nouveau contaminé lors d’une nouvelle morsure de tique.

                La Prevention de la maladie après la randonnée repose sur plusieurs mesures :

- éviter les zones broussailleuses, les hautes herbes et les fougères surtout en zones humides et plus particulièrement au printemps et en automne dans les zones géographiques à risques ;

- Pour le pique-nique s’asseoir sur un tissu de couleur claire pour mieux visualiser les parasites le cas échéants et ne pas être en contact direct avec le sol ;

- inspecter le corps minutieusement au retour, avant la douche et le lendemain à la recherche de morsures et de tiques visibles

- en cas de présence de tiques fixées sur la peau ne surtout pas les arracher ou appliquer un quelconque produit sur la lésion, utiliser une pince spécifique (cf schéma ci-dessous) « tire-tique » qui existe en plusieurs taille (pharmacie – magasin pour animaux) selon celle du parasite ; Faire passer l’extrémité fendue de la pince sous la tique en glissant sur la peau puis appliquer un mouvement circulaire perpendiculaire à la surface de la peau qui permet de retirer la tique sans lui arracher l’appareil buccal ce qui aurait pour conséquence si elle était contaminée de libérer les agents infectieux dans l’organisme. Désinfecter ensuite la peau avec de l’alcool modifié ou un autre antiseptique cutané à base de chlorhexidine ou de povidone iodée.

- Consulter un médecin si des signes apparaissent en particulier une plaque rouge sur la peau qui a tendance à s’étendre ou tout autres symptômes anormaux ou encore si vous avez la certitude d’avoir été mordu et que vous êtes immunodéprimé ou enceinte

- traiter les animaux familiers s’ils sont infectés.

                Des répulsifs cutanés et vestimentaires existent mais sont toxiques et d’utilisation difficile, contre indiqués en particulier chez l’enfant et la femme enceinte. La complète du corps de la tête au pied en randonnée parait illusoire.

                Si la tique est isolée après extraction il est très important pour enrichir les connaissances scientifiques de signaler la morsure sur le site https//www.citique.fr et faire parvenir le parasite, sans l’écraser, enfermé dans un papier absorbant type sopalin ferme de tout côté par un ruban adhésif accompagné d’un formulaire téléchargeable sur le site et l’envoyer sous enveloppe à :

Programme CITIQUE

Tous chercheurs Nancy

Centre INRAE Grand Est Nancy

Rue d’Amance

54280 CHAMPENOUX

 

                Les tiques peuvent être vecteurs de beaucoup d’autres maladies en dehors des borrélioses comme la maladie de Lyme largement dominante en France en particulier :

- des arboviroses entrainant des encéphalites ou méningo encephalites (infection du cerveau et des méninges) pour lesquelles existent un vaccin, qui sévissent en France pour les premières et surtout en Europe centrale pour les secondes,

-  des fièvres hémorragiques virales qui commencent à être identifiées en France en particulier en Camargue (fièvre hémorragique de Crimée Congo)

- d’autres infections bactériennes à Rickettsies qui hormis la fièvre boutonneuse méditerranéenne sont surtout présentes aux états unis en Asie et en Afrique.

Dr Jean BULTEL

Médecin Fédéral

 

 

https://youtube.com/shorts/rQLqhFe-Rq0?si=mYJxoOwJHi7wlUj2

Posté le 18/07/2024 - Par Docteur Bultel

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